Marine Le Pen vous dit merci ! Les apprentis sorciers [Broché]
Auteur: En savoir plus. - ISBN: 2259223192 - Langue: Français
DESCRIPTION
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Extrait
Prélude
Vive la nation !
Les habitués des manifs antifrontistes se plaisent à dénoncer le «F haine», calembour qui n'est pas, a priori, désopilant. Ils entendent renvoyer, par là, à la haine supposée du parti national-lepéniste envers l'étranger, envers «l'autre». Édifiante banalité. Mais qui passe à côté de l'essentiel. Car c'est sans doute moins la haine ambivalente de l'étranger qui incite tant de Français à voter en faveur du parti de la famille Le Pen que la haine de soi.
Les professionnels de l'antifrontisme passent leur temps à traquer, derrière le moindre propos du moindre dirigeant ou élu FN, le «dérapage», l'expression suspecte, la référence «révélatrice». Le père a eu sa ration. Le «point de détail» est presque entré dans les dictionnaires. La fille est une moins bonne cliente, mais il paraît qu'assimiler des prières musulmanes de rue à une «occupation» méritait qu'on convoquât la maréchaussée.
Ce harcèlement linguistique a-t-il été efficace ? Le passage d'un score de 8 % à un score de 26 % n'en apporte pas la démonstration indubitable.
D'autant que cette chasse à «l'incorrection» ou à l'intempérance verbale a fini par frapper tout le monde, le mégalo-socialiste Georges Frêche l'emportant, en la matière, de plusieurs coudées.
On ne compte plus, en outre, les embardées phraséologiques auxquelles se sont laissés aller quelques bardes de la droite «républicaine» et que Marine Le Pen ne se serait sans doute pas permises. Supposons qu'elle ait lancé par exemple, comme Christian Jacob, qu'un Strauss-Kahn ne faisait pas partie de notre terroir !
Si on s'en tient, donc, à l'analyse de texte, la véritable spécificité frontiste, ce n'est pas quelques saillies qui ont défrayé la chronique, c'est la détestation de la France qu'expriment spontanément la plupart des cadres de ce parti. Détestation qu'on ne saurait appréhender que comme une variante de la «haine de soi».
Avez-vous déjà entendu, depuis trente ans, un dirigeant de la tendance lepéniste prononcer un seul mot, une seule phrase exprimer une seule remarque témoignant d'une affection - on n'ose même pas dire d'une tendresse - pour notre pays ? Se féliciter de ses succès, applaudir à ses réussites, faire référence à quelques composantes de son génie propre, magnifier quelques-uns des talents qui participent encore de son rayonnement, formuler la moindre déclaration d'amour à son endroit, se réclamer de ses «exceptions», rendre hommage à ses plus plaisantes ou performantes spécificités ?
Or, cet autodénigrement systématique, cette haine rentrée de ce dont nous sommes tous la sève et le fruit - qui vient de loin, puisqu'elle irrigue toute l'histoire de cette mouvance depuis l'après-1789 (d'où l'extraordinaire succès du livre Les Décombres de Lucien Rebatet dans les années 1940 ou les éructations de Céline) -, cette egophobie, au sens de phobie retournée contre soi-même, imprègnent de plus en plus fortement notre terreau national. Et la montée du vote FN est parallèle à l'approfondissement de cette imprégnation.
C'est parce qu'elle s'aime de moins en moins que la France vote de plus en plus Front national ou, plus exactement, c'est la France qui s'aime le moins qui bascule de plus en plus du côté du Front national.
(...)
Vive la nation !
Les habitués des manifs antifrontistes se plaisent à dénoncer le «F haine», calembour qui n'est pas, a priori, désopilant. Ils entendent renvoyer, par là, à la haine supposée du parti national-lepéniste envers l'étranger, envers «l'autre». Édifiante banalité. Mais qui passe à côté de l'essentiel. Car c'est sans doute moins la haine ambivalente de l'étranger qui incite tant de Français à voter en faveur du parti de la famille Le Pen que la haine de soi.
Les professionnels de l'antifrontisme passent leur temps à traquer, derrière le moindre propos du moindre dirigeant ou élu FN, le «dérapage», l'expression suspecte, la référence «révélatrice». Le père a eu sa ration. Le «point de détail» est presque entré dans les dictionnaires. La fille est une moins bonne cliente, mais il paraît qu'assimiler des prières musulmanes de rue à une «occupation» méritait qu'on convoquât la maréchaussée.
Ce harcèlement linguistique a-t-il été efficace ? Le passage d'un score de 8 % à un score de 26 % n'en apporte pas la démonstration indubitable.
D'autant que cette chasse à «l'incorrection» ou à l'intempérance verbale a fini par frapper tout le monde, le mégalo-socialiste Georges Frêche l'emportant, en la matière, de plusieurs coudées.
On ne compte plus, en outre, les embardées phraséologiques auxquelles se sont laissés aller quelques bardes de la droite «républicaine» et que Marine Le Pen ne se serait sans doute pas permises. Supposons qu'elle ait lancé par exemple, comme Christian Jacob, qu'un Strauss-Kahn ne faisait pas partie de notre terroir !
Si on s'en tient, donc, à l'analyse de texte, la véritable spécificité frontiste, ce n'est pas quelques saillies qui ont défrayé la chronique, c'est la détestation de la France qu'expriment spontanément la plupart des cadres de ce parti. Détestation qu'on ne saurait appréhender que comme une variante de la «haine de soi».
Avez-vous déjà entendu, depuis trente ans, un dirigeant de la tendance lepéniste prononcer un seul mot, une seule phrase exprimer une seule remarque témoignant d'une affection - on n'ose même pas dire d'une tendresse - pour notre pays ? Se féliciter de ses succès, applaudir à ses réussites, faire référence à quelques composantes de son génie propre, magnifier quelques-uns des talents qui participent encore de son rayonnement, formuler la moindre déclaration d'amour à son endroit, se réclamer de ses «exceptions», rendre hommage à ses plus plaisantes ou performantes spécificités ?
Or, cet autodénigrement systématique, cette haine rentrée de ce dont nous sommes tous la sève et le fruit - qui vient de loin, puisqu'elle irrigue toute l'histoire de cette mouvance depuis l'après-1789 (d'où l'extraordinaire succès du livre Les Décombres de Lucien Rebatet dans les années 1940 ou les éructations de Céline) -, cette egophobie, au sens de phobie retournée contre soi-même, imprègnent de plus en plus fortement notre terreau national. Et la montée du vote FN est parallèle à l'approfondissement de cette imprégnation.
C'est parce qu'elle s'aime de moins en moins que la France vote de plus en plus Front national ou, plus exactement, c'est la France qui s'aime le moins qui bascule de plus en plus du côté du Front national.
(...)
Présentation de l'éditeur
Marine Le Pen peut leur dire merci. A tous ceux-là, à droite et à gauche (ils détesteront ce livre), qui ont cyniquement ou inconsciemment, par calcul ou par bêtise, rendu inéluctable la résistible ascension de l'héritière... A ceux-ci qui ont banalisé ses idées et nourri sa propagande... A ceux-là qui ont instrumentalisé de façon caricaturalement politicienne la " résistance " qu'ils feignaient de lui opposer... A certains encore qui, ayant renié toutes les autres causes, avaient besoin de ressusciter le spectre de la bête immonde pour se draper dans les plis de l'antifascisme... Tous ceux-là, politiques, médiacrates ou intellectuels, mériteraient, aujourd'hui, d'être sévèrement sanctionnés en tant que coresponsables de ce désastre. Hélas, si les républicains ne réagissent pas, au mal qu'ils ont fait, ils risquent d'ajouter le mal qu'il leur reste à faire.
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REVUE
Il aurait été dommage que le récent succès électoral de Marine Le Pen ne profite pas aussi aux éditorialistes qui lui sont hostiles. C'est ainsi qu'on voit Jean-François Kahn, dans un essai promptement rédigé, analyser les raisons de s'alarmer des progrès de "l'héritière". "Tout se passe", écrit-il p. 67, "comme si on avait voulu dégager, devant [elle] chacune des marches de son ascension". Occasion de dénoncer les responsabilités de la gauche comme de la droite, des politiques comme des médias. "Oui, pour assurer la promotion de l'héritière, chacun semble y avoir mis du sien" (p. 96). Mais chez JFK le journaliste n'a pas étouffé le rhéteur, et son bref pamphlet déborde d'hyperboles et de redondances, d'anaphores et d'accumulations, de paronomases et de questions oratoires - dont on sort épuisé.
Par Paluel Marmont TOP 500 COMMENTATEURS
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