Histoire secrète du XXème siècle [Format Kindle]
Auteur: Yvonnick Denoël - ISBN: B005Q37E4Q - Langue: Français
DESCRIPTION
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Extrait
Extrait de l'introduction
À quoi servent les espions ?
Le 14 février 2003, deux ministres prennent la parole à l'Onu, devant le Conseil de sécurité et sous l'oeil des caméras. Leur affrontement va entrer dans l'histoire : d'un côté les États-Unis, représentés par Colin Powell, secrétaire du département d'État, recherchent le soutien de l'Onu pour engager une seconde guerre contre l'Irak. De l'autre, la France par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, privilégie une sortie de crise pacifique. Le premier insiste sur les «preuves accablantes» de la présence d'armes de destruction massive en Irak. Et le second défend avec panache le point de vue d'un «vieux pays», ami de l'Amérique mais partisan de mener à son terme le processus d'inspection en cours. On présente souvent le discours du Français comme une réplique à celui de l'Américain, ce qui est inexact : ce jour-là, Powell a parlé après Villepin. En revanche, il s'était exprimé une dizaine de jours plus tôt devant le Conseil de sécurité pour présenter les preuves «en béton» recueillies par les agences de renseignement américaines. C'est, indirectement, à ce discours que répond le ministre français.
Lorsqu'il s'avance vers la tribune, Dominique de Villepin a en main un discours assez bref et maintes fois remanié avec son équipe. Mais il a aussi en tête un dossier fourni par le service de renseignement extérieur français. Car, dans les heures qui ont suivi la présentation des preuves «en béton» par Colin Powell, une cellule de crise constituée par la DGSE a travaillé d'arrache-pied pour les évaluer et les soumettre à une critique rigoureuse. Des spécialistes de chaque domaine (armes chimiques, atomiques, bactériologiques, etc.) ont rédigé «en direct» leur évaluation des accusations américaines, égrenées à un rythme soutenu. Si, à première vue, ces «preuves» pouvaient sembler accablantes, il en allait tout autrement pour les experts de la DGSE, qui décortiquèrent les incohérences et les à-peu-près, voire les francs mensonges compilés - non sans réticences - par la direction de la CIA. Un cadre expérimenté du service entreprit ensuite de fondre ces diagnostics en une note de synthèse la plus limpide possible. Celle-ci fut transmise à la direction du renseignement et au cabinet du directeur, puis au directeur lui-même, qui décida de l'envoyer aux «clients» habituels de la DGSE, entre autres le président de la République, le Premier ministre, le ministre de la Défense et le ministre des Affaires étrangères. De l'avis unanime de tous ceux qui ont pu la consulter, cette note était tout simplement accablante. Elle mettait tranquillement en pièces l'argumentaire américain, et pouvait sans doute retourner une partie des chancelleries favorables à la guerre. Cependant, au vif étonnement de ceux qui y avaient contribué, Dominique de Villepin une fois monté à la tribune de l'Onu n'en fit pas le moindre usage.
À quoi servent les espions ?
Le 14 février 2003, deux ministres prennent la parole à l'Onu, devant le Conseil de sécurité et sous l'oeil des caméras. Leur affrontement va entrer dans l'histoire : d'un côté les États-Unis, représentés par Colin Powell, secrétaire du département d'État, recherchent le soutien de l'Onu pour engager une seconde guerre contre l'Irak. De l'autre, la France par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, privilégie une sortie de crise pacifique. Le premier insiste sur les «preuves accablantes» de la présence d'armes de destruction massive en Irak. Et le second défend avec panache le point de vue d'un «vieux pays», ami de l'Amérique mais partisan de mener à son terme le processus d'inspection en cours. On présente souvent le discours du Français comme une réplique à celui de l'Américain, ce qui est inexact : ce jour-là, Powell a parlé après Villepin. En revanche, il s'était exprimé une dizaine de jours plus tôt devant le Conseil de sécurité pour présenter les preuves «en béton» recueillies par les agences de renseignement américaines. C'est, indirectement, à ce discours que répond le ministre français.
Lorsqu'il s'avance vers la tribune, Dominique de Villepin a en main un discours assez bref et maintes fois remanié avec son équipe. Mais il a aussi en tête un dossier fourni par le service de renseignement extérieur français. Car, dans les heures qui ont suivi la présentation des preuves «en béton» par Colin Powell, une cellule de crise constituée par la DGSE a travaillé d'arrache-pied pour les évaluer et les soumettre à une critique rigoureuse. Des spécialistes de chaque domaine (armes chimiques, atomiques, bactériologiques, etc.) ont rédigé «en direct» leur évaluation des accusations américaines, égrenées à un rythme soutenu. Si, à première vue, ces «preuves» pouvaient sembler accablantes, il en allait tout autrement pour les experts de la DGSE, qui décortiquèrent les incohérences et les à-peu-près, voire les francs mensonges compilés - non sans réticences - par la direction de la CIA. Un cadre expérimenté du service entreprit ensuite de fondre ces diagnostics en une note de synthèse la plus limpide possible. Celle-ci fut transmise à la direction du renseignement et au cabinet du directeur, puis au directeur lui-même, qui décida de l'envoyer aux «clients» habituels de la DGSE, entre autres le président de la République, le Premier ministre, le ministre de la Défense et le ministre des Affaires étrangères. De l'avis unanime de tous ceux qui ont pu la consulter, cette note était tout simplement accablante. Elle mettait tranquillement en pièces l'argumentaire américain, et pouvait sans doute retourner une partie des chancelleries favorables à la guerre. Cependant, au vif étonnement de ceux qui y avaient contribué, Dominique de Villepin une fois monté à la tribune de l'Onu n'en fit pas le moindre usage.
Présentation de l'éditeur
Les historiens ignorent souvent le rôle des « espions » dans l’histoire contemporaine. Certains ont pourtant joué un rôle clé dans des événements que nous croyons connaître. Voici donc réunis pour la première fois les témoignages de quelques « grands espions » qui ont contribué à façonner notre époque. Cette anthologie sans équivalent propose au lecteur une histoire du xxe siècle clandestin, celui qu’on ne raconte pas dans les manuels scolaires. Des décombres du second conflit mondial à la fin de la guerre froide, en passant par la décolonisation et les nouvelles menaces terroristes, d’anciens chefs et agents de terrain des services du monde entier dévoilent ici les épisodes les plus marquants de leur carrière. On croisera dans ce volume des noms connus des spécialistes du renseignement, comme Markus Wolf, le maître espion est-allemand qui a infiltré le cabinet du chancelier Willy Brandt, ou Kim Philby, la « taupe » soviétique au cœur de l’espionnage britannique. Mais on découvrira surtout nombre de personnages jusqu’ici méconnus dont nous publions pour la première fois les témoignages explosifs.
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REVUE
L'option prise par l'auteur est de juxtaposer les "mémoires" d'espions ou d'agents du renseignement de divers pays. C'est le point vue le plus intéressant de ce livre, c'est qu'il s'agit de sources venant de régime politiques différents, voire historiquement ennemis.
Pour le reste s'agit-il de "l'Histoire" ou seulement de (petites) histoires? Surtout destiné aux amateurs du genre.
Par Amenhotep Pour le reste s'agit-il de "l'Histoire" ou seulement de (petites) histoires? Surtout destiné aux amateurs du genre.
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